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| Histoire d'un lieu |
Le Saillant
Ville royale sous les Mérovingiens, la terre du Saillant dépendait au IXe siècle de l’abbaye de Beaulieu Sur-Dordogne, située dans le sud de la Corrèze et, à partir du XIe siècle, de l’évêché de Limoges. Au XIVe siècle, le domaine devenait propriété de Guy de Lasteyrie du Saillant. De cette époque date le château qui englobe les vestiges du donjon du XIIe siècle. Cet édifice rectangulaire devait posséder des tours d’angle ; de son système défensif, il reste des corbeaux de mâchicoulis qui couronnent le haut des murs. Le village du Saillant est l’exemple type d’un village conservé dans le style ancien : celui du XVIIIe siècle. Les maisons sont disposées de part et d’autre de l’artère principale et regroupées autour de l’ancienne chapelle du château ; on a utilisé pour la construction des matériaux du pays : pierre et ardoise. Il s’agit d’un ensemble exceptionnel qui demande à être préservé dans son état actuel.
Un château, un parc romantique, une chapelle, un pont, une belle rivière… Voilà les éléments principaux qui confèrent, en plus du village lui-même, tout son intérêt à ce site.
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Le château aux vingt-deux générations
Certains éléments du château remontent au XIIe siècle, notamment la salle qui abrite aujourd’hui la bibliothèque, la chambre du premier étage et, bien entendu, les fondations. Cet édifice ne prendra son allure féodale qu’au XIVe siècle, avec sa haute cour, ses dix-sept tours, son pont-levis et ses douves. C’est sans doute au XVIIe siècle, sur les injonctions du roi, que cette forteresse fut démantelée et prit l’allure que l’on connaît aujourd’hui.
Cette demeure appartient depuis 1320 à la famille de Lasteyrie du Saillant. Depuis 1970 elle est la propriété de Guy de Lasteyrie du Saillant qui s’est attaché à la restaurer ainsi que ses jardins. Il est resté dans la même famille pendant 21 générations. |
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Un parc romantique
Le parc qui entoure le château, abrite des arbres géants : séquoias, chênes érables, tulipiers, frênes et un Gingko Biloba sans doute un des plus anciens de France. Cet arbre magnifique est appelé "arbre aux écus d’or" en raison de la couleur de ses feuilles d’un jaune doré à l’automne. Un jardin à la française orné de buis taillés entoure la façade principale. Il se compose également d’une collection d’hydrangeas et de nombreux rosiers, d’un jardin potager entouré de fleurs qui se trouve de l’autre côté des douves. Le château se situe dans un site exceptionnel, il est entouré de vastes douves d’eaux courantes alimentées par des cascades sur trois côtés ; il est situé au bord de la Vézère et les trente îles entre lesquelles se divise la Vézère forment un véritable delta. Autrefois reliées par des ponts et des passerelles, elles constituent un lieu de promenade réputé pour son atmosphère romantique, sa fraîcheur, le silence ponctué par le chant des oiseaux, le bruissement de l’eau et du vent. Il en reste un vivant exemple avec celle qui, à proximité immédiate du château est agrémentée de plantations diverses, typiques à cette région, telles qu’osmondes royales, rhododendrons, tilleuls. C’est dans cette ambiance idéale que se déroule, dans l’ancienne grange, le Festival de la Vézère qui amène, chaque été, au Saillant tout ce que le monde de la musique ou du chant compte de célébrités de niveau international. |
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La chapelle du Saillant
La chapelle du Saillant faisait, à l’origine, partie intégrante du château. De la première construction, qui remonte au XIII° siècle, demeurent les fondations et la fenêtre du choeur, de style gothique rayonnant. La deuxième étape de sa construction date de 1620 : elle est due à Jean II de Lasteyrie, vicomte du Saillant. L’écusson de la famille, au-dessus de la porte d’entrée, a été martelé lors de la Révolution qui a déclaré cet édifice " bien communal ".
La chapelle fut restaurée à différentes reprises : la restauration et le réaménagement intérieur, avec mise en valeur de l’ancien autel de pierre et la pose de six vitraux de Chagall furent réalisés entre 1978 et 1981 grâce au mécénat de la société AIG et avec le soutien du Ministère de la Culture. A l’initiative de Guy de Lasteyrie du Saillant le peintre Marc Chagall assisté de Charles Marcq, Maître verrier, ont réalisé les beaux vitraux qui ornent les cinq fenêtres et la rosace au-dessus de la porte d’entrée. Les vitraux de la chapelle du Saillant tiennent dans l’oeuvre de Marc Chagall, une place particulière. Après les grandes réalisations des cathédrales de Metz et de Reims, de la synagogue de Jérusalem, du Fraumünster de Zurich, du Palais des Nations Unies à New York et l’ensemble du choeur de Saint Stephan de Mayence et de l’Art Institute de Chicago, Chagall exalte au Saillant les arts qui justifient et sauvent l’esprit humain.
Cet édifice abrite également un rétable du XVIII° siècle (quelques vieilles statues de bois) en amont du village, un Saint-Joseph en bois doré du XVIII° siècle et surtout la statue de Notre-Dame du Saillant, datant du XVI° siècle, oeuvre polychrome sculptée en 1547 dans un seul tronc (elle a été commandée par noble Peyronnelle des Roffignac, épouse de Guillaume de Lasteyrie du Saillant, grand-père de Jean II de Lasteyrie).
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Le pont gothique
Le pont, qui occupe le centre de la localité, en aval du château, est un bel ouvrage gothique à six arches ogivales, datant du XIIIe siècle. C’était un pont à péage dont les redevances étaient perçues par le seigneur du lieu.
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Une rivière : La Vézère
La Vézère, que ce pont enjambe avec grâce, ne constitue pas avec ses eaux vives, ses caprices de torrent, le moindre attrait de ce site. Comme la Creuse, la Vienne, la Corrèze, cette rivière trouve ses sources dans une région réputée pour sa richesse hydrologique : le plateau des Millevaches, qui tire son nom de " Mille batz " (sources en Celtes). Du haut bassin de réception, dominé par des montagnes avoisinant les 1000 mètres (Mont Bessou, Mont Gargan), l’itinéraire de verdure et d’eau de la rivière commence ses quelques centaines de kilomètres dans un environnement granitique parmi les plus vieux du monde. La Vézère draine l’eau et ses affluents, le Bradascou, le Brezou, la Loyre, la Corrèze, qui lui donnent un débit important. Cette force conjuguée à celle de la dénivellation qui voit son cours passer de 900 à 200 mètres en quelques dizaines de kilomètres par les gorges encaissées, font de la Vézère un haut lieu de l’industrie hydraulique. S’il reste quelques ravissantes jetées avec leurs moulins moyenâgeux, ce sont surtout les barrages de Treignac et du Saillant qui attirent les visiteurs. Après cette course mouvementée, la Vézère se transforme en une paisible rivière dans une vallée constituée de grès multicolore entrecoupé de schiste ardoisier. Cette dépression, plus connue sous le nom de Pays de Brive, est caractérisée par des paysages riants où alternent cultures, vignobles et prairies.
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